{"id":125476,"date":"2026-09-20T11:06:37","date_gmt":"2026-09-20T11:06:37","guid":{"rendered":"https:\/\/essada.info\/fr\/?p=125476"},"modified":"2026-09-20T11:06:37","modified_gmt":"2026-09-20T11:06:37","slug":"la-lettre-quaziz-na-pas-ecrite-a-ghazouani-par-pr-ely-mustapha","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/essada.info\/fr\/index.php\/2026\/09\/20\/la-lettre-quaziz-na-pas-ecrite-a-ghazouani-par-pr-ely-mustapha\/","title":{"rendered":"La lettre qu\u2019Aziz (n\u2019a pas) \u00e9crite \u00e0 Ghazouani. Par Pr ELY Mustapha"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00ab Une amiti\u00e9 qui ne peut pas r\u00e9sister aux actes condamnables de l\u2019ami n\u2019est pas une amiti\u00e9. \u00bb (Alain)<\/strong><\/p>\n<p>Une lettre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Elle porte, dit-on, la signature de Mohamed Ould Abdel Aziz et elle est adress\u00e9e \u00e0 Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.<\/p>\n<p>Son contenu n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 divulgu\u00e9. Le secret qui l\u2019entoure ouvre n\u00e9cessairement l\u2019espace des conjectures : est-ce une lettre juridique, politique, personnelle ? Une demande de gr\u00e2ce ? Une protestation ? Un appel \u00e0 la cl\u00e9mence ? Ou, plus profond\u00e9ment encore, le dernier geste d\u2019un homme qui s\u2019adresse moins au chef de l\u2019\u00c9tat qu\u2019\u00e0 l\u2019ami d\u2019hier ?<\/p>\n<p>Nous ne savons pas ce qu\u2019Aziz a \u00e9crit. Mais nous pouvons imaginer la lettre qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9crite. Car certaines lettres ne passent jamais par le courrier pr\u00e9sidentiel. Elles ne sont ni enregistr\u00e9es, ni tamponn\u00e9es, ni class\u00e9es dans les archives d\u2019un palais.<\/p>\n<p>Elles se forment dans le silence des cellules, dans la solitude des hommes d\u00e9chus, dans l\u2019amertume des fid\u00e9lit\u00e9s rompues et dans cette question terrible que le pouvoir pose \u00e0 toute relation humaine : que reste-t-il de l\u2019amiti\u00e9 lorsque l\u2019un est devenu prince et que l\u2019autre est devenu prisonnier ?<\/p>\n<p>Cette lettre-l\u00e0 aurait pu commencer ainsi :<\/p>\n<p>\u00ab Mon fr\u00e8re, mon compagnon, mon ami de plus de trente ans, je ne t\u2019\u00e9cris pas au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Je t\u2019\u00e9cris \u00e0 l\u2019homme qui a partag\u00e9 avec moi les marches du pouvoir, les p\u00e9rils, les calculs, les victoires et les silences. \u00bb<\/p>\n<p>Voil\u00e0 peut-\u00eatre ce qu\u2019Aziz n\u2019a pas \u00e9crit \u00e0 Ghazouani.<\/p>\n<p>Car entre les deux hommes, il n\u2019y eut pas seulement une succession constitutionnelle, une transmission du pouvoir ou une continuit\u00e9 institutionnelle. Il y eut une longue communaut\u00e9 de destin. Une proximit\u00e9 forg\u00e9e dans les casernes, les responsabilit\u00e9s, les crises et les ann\u00e9es o\u00f9 l\u2019\u00c9tat mauritanien se d\u00e9cidait souvent dans le cercle restreint de ceux qui d\u00e9tenaient les leviers de la force et de la d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Mais le pouvoir est un grand s\u00e9parateur. Il rapproche tant qu\u2019il se partage ; il \u00e9loigne d\u00e8s qu\u2019il devient exclusif. Il fabrique des compagnons, puis les transforme en t\u00e9moins g\u00eanants, en rivaux potentiels, en charges politiques, parfois en accus\u00e9s. Il impose \u00e0 celui qui r\u00e8gne d\u2019oublier ce qu\u2019il doit \u00e0 celui qui l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, comme il impose \u00e0 celui qui tombe de mesurer brutalement la fragilit\u00e9 des fid\u00e9lit\u00e9s construites dans l\u2019ombre du pouvoir.<\/p>\n<p>Mohamed Ould Abdel Aziz purge aujourd\u2019hui une lourde peine de prison, \u00e0 la suite de sa condamnation dans des affaires li\u00e9es notamment \u00e0 l\u2019enrichissement illicite, au blanchiment de capitaux et \u00e0 l\u2019abus d\u2019influence. Ces faits rel\u00e8vent de la justice, de ses proc\u00e9dures, de ses r\u00e8gles et de ses d\u00e9cisions. Il ne s\u2019agit pas ici de les nier, de les minimiser ni de substituer la sentimentalit\u00e9 \u00e0 l\u2019exigence de responsabilit\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Mais il existe, au-del\u00e0 du droit, une interrogation qui rel\u00e8ve de la conscience morale. Le droit juge les actes ; la politique calcule les cons\u00e9quences ; l\u2019amiti\u00e9, elle, devrait au moins pr\u00e9server l\u2019homme lorsque tout semble l\u2019abandonner.<\/p>\n<p>C\u2019est ici que surgit le malaise.<\/p>\n<p>Nul ne demande au pr\u00e9sident Ghazouani de se substituer aux magistrats, de pi\u00e9tiner la s\u00e9paration des pouvoirs ou d\u2019effacer, par un geste personnel, les exigences de la justice. Nul ne peut raisonnablement faire de l\u2019amiti\u00e9 un privil\u00e8ge judiciaire. Lorsque les institutions fonctionnent, les liens personnels ne doivent pas devenir des instruments d\u2019impunit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais entre l\u2019ing\u00e9rence dans la justice et l\u2019indiff\u00e9rence humaine, il existe un espace : celui de la fid\u00e9lit\u00e9 morale.<\/p>\n<p>Un mot. Une visite. Une attention. Une parole de dignit\u00e9. Une marque de compassion envers l\u2019homme \u00e9prouv\u00e9, sans jamais contester le droit. Car l\u2019amiti\u00e9 ne consiste pas \u00e0 absoudre les fautes ; elle consiste \u00e0 ne pas abandonner celui qui les porte seul lorsque le monde entier se retourne contre lui. Alain avait raison : \u00ab Une amiti\u00e9 qui ne peut pas r\u00e9sister aux actes condamnables de l\u2019ami n\u2019est pas une amiti\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ami v\u00e9ritable n\u2019est pas celui qui applaudit les \u00e9garements, prot\u00e8ge les abus ou organise l\u2019impunit\u00e9. Celui-l\u00e0 n\u2019est pas un ami : il est un complice. L\u2019ami v\u00e9ritable est celui qui peut dire la v\u00e9rit\u00e9, condamner l\u2019erreur, refuser la faute, mais rester debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019homme lorsque celui-ci traverse l\u2019\u00e9preuve.<\/p>\n<p>La lettre qu\u2019Aziz n\u2019a pas \u00e9crite aurait donc pu poursuivre :<\/p>\n<p>\u00ab Je ne te demande pas de suspendre la justice. Je ne te demande pas de nier les institutions. Je te demande seulement de te souvenir qu\u2019avant d\u2019\u00eatre pr\u00e9sident, tu fus mon compagnon ; qu\u2019avant d\u2019\u00eatre d\u00e9tenu, je fus ton ami. \u00bb<\/p>\n<p>Toute la trag\u00e9die est l\u00e0 : l\u2019homme devenu chef de l\u2019\u00c9tat ne peut plus \u00eatre seulement l\u2019ami de celui qu\u2019il a connu. Il est retenu par la fonction, par l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat, par le regard de l\u2019opinion, par les calculs politiques, par la peur de para\u00eetre faible ou compromis. Le pr\u00e9sident devient prisonnier de sa propre pr\u00e9sidence. Et l\u2019ancien pr\u00e9sident, autrefois ma\u00eetre de la d\u00e9cision, d\u00e9couvre \u00e0 son tour que le pouvoir, lorsqu\u2019il se retire, laisse derri\u00e8re lui une solitude plus froide encore que les murs d\u2019une prison.<\/p>\n<p>Machiavel aurait probablement trouv\u00e9 cette distance n\u00e9cessaire. Dans Le Prince, il rappelle qu\u2019un gouvernant qui veut se maintenir doit apprendre \u00e0 ne pas \u00eatre toujours bon, selon les circonstances. La raison d\u2019\u00c9tat, les rapports de force et la conservation du pouvoir commandent parfois ce que la morale r\u00e9prouve.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 force de gouverner selon la seule n\u00e9cessit\u00e9 politique, que reste-t-il de l\u2019humanit\u00e9 du pouvoir ?<\/p>\n<p>Un \u00c9tat ne peut certes fonctionner selon les affinit\u00e9s personnelles. Il ne peut \u00eatre administr\u00e9 par l\u2019\u00e9motion, ni livr\u00e9 aux obligations priv\u00e9es des dirigeants. Pourtant, l\u2019\u00c9tat gagne en grandeur lorsque ceux qui l\u2019incarnent savent que la fonction ne les dispense pas d\u2019\u00eatre humains. La s\u00e9paration des pouvoirs est un principe constitutionnel ; elle ne doit jamais devenir un alibi pour la s\u00e9paration des consciences.<\/p>\n<p>Dans nos soci\u00e9t\u00e9s, l\u2019amiti\u00e9 et la fraternit\u00e9 ne sont pas de simples ornements du langage social. Elles prennent leur v\u00e9ritable mesure au moment de l\u2019\u00e9preuve. Nous le disons depuis toujours :<\/p>\n<p>\u0625\u0646\u0645\u0627 \u0627\u0644\u0625\u062e\u0648\u0627\u0646 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0634\u062f\u0627\u0626\u062f<\/p>\n<p>Les fr\u00e8res se reconnaissent dans les difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans les temps difficiles que les fid\u00e9lit\u00e9s politiques se r\u00e9v\u00e8lent souvent les plus fragiles. Tant que le pouvoir prot\u00e8ge, distribue, rassemble et promet, les amis sont nombreux. Lorsque le pouvoir se retire, lorsque l\u2019honneur vacille, lorsque les tribunaux parlent et que les portes se ferment, les compagnons deviennent rares. Les solidarit\u00e9s de circonstance se dissipent alors comme une brume.<\/p>\n<p>Les Grecs avaient compris que l\u2019amiti\u00e9 suppose une relation libre entre \u00e9gaux. Mais comment l\u2019\u00e9galit\u00e9 pourrait-elle survivre lorsque l\u2019un est pr\u00e9sident et l\u2019autre prisonnier ? Comment une amiti\u00e9 peut-elle demeurer intacte lorsque l\u2019un poss\u00e8de la parole institutionnelle, les palais, les gardes, les dossiers et les symboles de l\u2019\u00c9tat, tandis que l\u2019autre ne poss\u00e8de plus que sa m\u00e9moire, sa col\u00e8re et la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9crire une lettre ?<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse est douloureuse : l\u2019amiti\u00e9 politique meurt souvent lorsque l\u2019un des amis devient le sujet de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Tahar Ben Jelloun avait observ\u00e9, avec une justesse cruelle, que \u00ab la politique d\u00e9nature et ruine l\u2019amiti\u00e9 \u00bb. Non parce que tout homme politique serait d\u00e9pourvu de sentiment, mais parce que la politique moderne soumet les relations humaines \u00e0 une logique implacable : l\u2019utilit\u00e9, le risque, la r\u00e9putation, les alliances, l\u2019int\u00e9r\u00eat et la survie.<\/p>\n<p>Dans cette logique, l\u2019ami d\u2019hier peut devenir le fardeau d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>La lettre qu\u2019Aziz n\u2019a pas \u00e9crite aurait pu alors prendre le ton de la d\u00e9sillusion :<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons cru que notre histoire \u00e9tait plus solide que le pouvoir. Nous avons cru que les ann\u00e9es partag\u00e9es cr\u00e9aient une dette que le temps ne pouvait effacer. Mais le pouvoir ne reconna\u00eet ni les serments ni les souvenirs lorsqu\u2019il exige de choisir entre l\u2019homme et la fonction. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 la le\u00e7on la plus s\u00e9v\u00e8re de cette histoire. Non pas une le\u00e7on sur le seul destin de Mohamed Ould Abdel Aziz, ni seulement sur l\u2019attitude de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mais une le\u00e7on sur la politique elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>La politique sans morale devient gestion froide des rapports de force. La morale sans lucidit\u00e9 devient na\u00efvet\u00e9. Et l\u2019amiti\u00e9 sans ind\u00e9pendance devient un contrat pr\u00e9caire, valable tant que les int\u00e9r\u00eats convergent.<\/p>\n<p>L\u2019on peut juger Aziz, et la justice doit pouvoir accomplir son \u0153uvre. L\u2019on peut d\u00e9fendre Ghazouani au nom des institutions, et les institutions doivent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es. Mais l\u2019on ne peut pas emp\u00eacher la conscience de poser cette question : qu\u2019aurait co\u00fbt\u00e9 une parole d\u2019humanit\u00e9 \u00e0 celui qui, pendant plus de trois d\u00e9cennies, fut compagnon d\u2019armes, compagnon de route et compagnon de pouvoir ?<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agissait pas de lib\u00e9rer un homme par fid\u00e9lit\u00e9. Il s\u2019agissait peut-\u00eatre seulement de ne pas le laisser enti\u00e8rement seul face \u00e0 sa chute.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te Tarfah ibn al-\u2018Abd avait r\u00e9sum\u00e9, il y a des si\u00e8cles, la v\u00e9rit\u00e9 des relations humaines :<\/p>\n<p>\u0639\u064e\u0646\u0650 \u0627\u0644\u0645\u064e\u0631\u0621\u0650 \u0644\u0627 \u062a\u064e\u0633\u0623\u064e\u0644 \u0648\u064e\u0633\u064e\u0644 \u0639\u064e\u0646 \u0642\u064e\u0631\u064a\u0646\u064e\u0647\u064f<\/p>\n<p>\u0641\u064e\u0643\u064f\u0644\u0651\u064f \u0642\u064e\u0631\u064a\u0646\u064d \u0628\u0650\u0627\u0644\u0645\u064f\u0642\u0627\u0631\u0650\u0646\u0650 \u064a\u064e\u0642\u062a\u064e\u062f\u064a<\/p>\n<p>Ne questionne pas l\u2019homme sur lui-m\u00eame ; interroge plut\u00f4t son compagnon,<\/p>\n<p>car tout compagnon finit par ressembler \u00e0 celui qu\u2019il accompagne.<\/p>\n<p>Et plus loin, dans la gravit\u00e9 de sa Mu\u2018allaqa, il nous rappelle que les jours ne sont qu\u2019un pr\u00eat :<\/p>\n<p>\u0644\u064e\u0639\u064e\u0645\u0631\u064f\u0643\u064e \u0645\u0627 \u0627\u0644\u0623\u064e\u064a\u0627\u0645\u064f \u0625\u0650\u0644\u0651\u0627 \u0645\u064f\u0639\u0627\u0631\u064e\u0629\u064c<\/p>\n<p>\u0641\u064e\u0645\u0627 \u0627\u0650\u0633\u062a\u064e\u0637\u064e\u0639\u062a\u064e \u0645\u0650\u0646 \u0645\u064e\u0639\u0631\u0648\u0641\u0650\u0647\u0627 \u0641\u064e\u062a\u064e\u0632\u064e\u0648\u0651\u064e\u062f\u0650<\/p>\n<p>Par ta vie, les jours ne sont qu\u2019une chose pr\u00eat\u00e9e ;<\/p>\n<p>alors emporte avec toi autant de bien que tu pourras.<\/p>\n<p>Le pouvoir est pr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>Les honneurs sont pr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p>Les palais, les fonctions, les alliances et les fid\u00e9lit\u00e9s proclam\u00e9es sont souvent pr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p>Il ne reste, lorsque les ann\u00e9es se referment, que ce que l\u2019on a su pr\u00e9server d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>La lettre officielle d\u2019Aziz \u00e0 Ghazouani restera peut-\u00eatre secr\u00e8te. Mais la lettre qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9crite, elle, r\u00e9sonne d\u00e9j\u00e0 dans le silence de leur ancienne amiti\u00e9. Elle ne demande pas n\u00e9cessairement justice contre la justice. Elle demande, plus simplement et plus tragiquement, ce que la politique accorde rarement : que l\u2019homme qui d\u00e9tient le pouvoir se souvienne de l\u2019homme qu\u2019il a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui.<\/p>\n<p>Mis\u00e8re d\u2019amiti\u00e9. Mis\u00e8re de politique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Une amiti\u00e9 qui ne peut pas r\u00e9sister aux actes condamnables de l\u2019ami n\u2019est pas une amiti\u00e9. \u00bb (Alain) Une lettre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Elle porte, dit-on, la signature de Mohamed Ould Abdel Aziz et elle est adress\u00e9e \u00e0 Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. 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