Ali Mohammed Al-Sharafa Al-Hammadi : « Réveillez-vous, Arabes, avant qu’il ne soit trop tard »

Les Arabes se sont divisés et dispersés selon un plan machiavélique visant à rompre les liens qui les unissaient. Ils partageaient pourtant un destin commun et faisaient face à un même adversaire, désireux d’étendre son contrôle sur leurs ressources pétrolières.
Pour parvenir à ses fins, celui-ci n’a trouvé d’autre moyen que de recourir à sa vieille politique du « diviser pour régner ». Il a exploité les réseaux sociaux et attiré les populations autour de slogans qu’il présente comme des valeurs, tels que les « droits de l’homme », la liberté d’expression et le droit de manifester, afin de provoquer ce que l’on a appelé le « chaos créateur », dans le but de renverser les régimes, de détruire les États et de rompre les liens du monde arabe.
Ainsi se sont éloignés les espoirs de parvenir à l’unité arabe et de mettre en place des forces armées communes, sous la forme d’une armée arabe unifiée capable de faire face aux dangers qui menacent l’avenir de la nation arabe. Les adversaires de la cause arabe, conscients de la portée stratégique d’une telle démarche, cherchent à empêcher sa réalisation, car elle réduirait leur capacité à contrôler les sources de pétrole.
De nouveaux slogans pour contrôler le monde arabe
Après avoir colonisé les pays arabes par le passé, les mêmes forces seraient revenues avec une nouvelle philosophie et des slogans susceptibles de séduire la jeunesse. Elles mèneraient, selon l’auteur, une véritable guerre psychologique : au lieu d’un affrontement direct entre les forces d’occupation, le conflit aurait été déplacé à l’intérieur même du monde arabe.
Des armes meurtrières seraient ainsi fournies aux différentes parties afin qu’elles s’affrontent entre elles, préparant le terrain à l’intervention des puissances étrangères, qui pourraient alors invoquer la nécessité de protéger les puits de pétrole — une responsabilité qui devrait pourtant incomber aux États arabes et à leurs peuples.
Il ne faut pas, estime l’auteur, s’étonner de l’attitude de ces « nouveaux colonisateurs », devenus, selon lui, plus audacieux, plus hostiles et plus brutaux. Ils considéreraient les Arabes comme des peuples qui n’apportent rien au progrès de l’humanité, alors qu’ils vivent au-dessus d’immenses réserves d’énergie pétrolière dont l’Occident estimerait avoir davantage besoin qu’eux-mêmes.
Les Arabes unis par un destin commun
L’auteur dénonce ce qu’il considère comme une profonde dévalorisation de la nation arabe et une dégradation des principes moraux dans les relations internationales. Il estime que certains États arabes seraient traités comme des entités auxquelles on impose chantage, menaces et sanctions, afin de restreindre la liberté de décision de leurs dirigeants.
Il évoque, à cet égard, les guerres et interventions américaines au Japon, au Vietnam et en Irak, ainsi que la reconnaissance du Golan syrien comme territoire israélien et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il affirme que cette politique aurait, selon lui, dépassé les limites du droit international et des conventions internationales.
L’auteur considère également que la politique américaine à l’égard de nombreux États du monde se serait éloignée du droit international, privilégiant, selon son analyse, les sanctions, la pression et le contrôle des ressources des peuples au nom de slogans tels que les droits de l’homme et la démocratie.
Pour une nouvelle solidarité arabe
Face à cette situation, Ali Mohammed Al-Sharafa Al-Hammadi appelle les pays arabes à revoir leurs relations avec les puissances internationales et à définir clairement leurs intérêts communs lorsque ceux-ci entrent en contradiction avec ceux de leurs partenaires extérieurs.
Il plaide surtout pour un retour à la solidarité arabe et pour la conclusion d’un accord d’union arabe, qui pourrait, selon lui, ouvrir la voie à la création d’une armée arabe unifiée destinée à préserver les États arabes et à faire face aux menaces qui pèsent sur leur avenir.
Il met également en garde les dirigeants arabes contre l’idée qu’un État pourrait rester à l’écart des crises et des stratégies qui traversent la région.
L’Égypte et la question du leadership arabe
En conclusion, l’auteur estime que le monde arabe doit prendre ces enjeux au sérieux et appelle l’Égypte à assumer, selon sa vision, un rôle de premier plan dans la conduite du monde arabe.
Faute d’une telle mobilisation, avertit-il, les Arabes risqueraient de revenir « des siècles en arrière » et de se retrouver dans la situation de devoir solliciter auprès des grandes puissances une partie des richesses de leur propre région.
Son message final tient en une formule qui donne son titre à cette tribune : « Réveillez-vous, Arabes, avant qu’il ne soit trop tard. »




