LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE / Mohame ould Md El Hacen

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Objet : L’obligation du compte rendu quotidien et hebdomadaire écrit : un remède contre l’oisiveté et les dérives dans l’administration et le secteur public
Monsieur le Président de la République,
« L’oisiveté est mère de tous les vices. »
Je ne connais évidemment pas le niveau réel d’occupation des employés et des cadres de notre administration publique. Mais lorsque j’observe certaines manifestations quotidiennes, récentes et anciennes, sur les réseaux sociaux, notamment la multiplication des polémiques, des invectives et parfois de la vulgarité, je ne peux m’empêcher de m’interroger, avec une profonde inquiétude, sur le niveau d’activité et d’occupation effective d’une partie de nos fonctionnaires et cadres.
Je précise que mon propos ne vise nullement à mettre en cause l’ensemble des fonctionnaires. Beaucoup accomplissent certainement leur mission avec sérieux, compétence et dévouement.
Mais il me paraît légitime de poser une question essentielle : disposons-nous aujourd’hui d’un système permettant de mesurer réellement le travail accompli par chaque service, chaque cadre et chaque agent de l’État ?
J’évoque cette question non pas pour le plaisir de dénoncer une situation, mais parce que j’ai toujours considéré que les problèmes doivent être posés dans le but de leur trouver des solutions.
La solution : une véritable obligation de rendre compte
Je me permets donc de proposer, au moins pour l’administration publique et pour les secteurs relevant directement de l’autorité de l’État, la mise en place d’un système simple et rigoureux de compte rendu quotidien et hebdomadaire de l’activité.
Chaque agent et chaque cadre doit être appelé à rendre compte, en fin de journée et en fin de semaine, de manière précise et concise, des activités réalisées : dossiers traités, réunions tenues, décisions prises, difficultés rencontrées, tâches en cours et résultats obtenus…..
Les comptes rendus quotidiens seraient ensuite consolidés au niveau des services et des ministères.
Les comptes rendus hebdomadaires seraient, à leur tour, transmis à la Primature et à la Présidence de la République afin de permettre un suivi régulier de l’activité de l’administration, d’identifier les blocages et de mesurer les progrès réalisés.
Une administration moderne et numérique
Ce dispositif devrait naturellement être conçu immédiatement, et dès le départ, sous une forme numérique ou, à défaut, sous une forme manuelle transitoire.
Une plateforme gouvernementale pourrait permettre la transmission, l’archivage, la consultation et l’exploitation des comptes rendus.
Des outils de communication comme WhatsApp pourraient éventuellement faciliter les notifications ou les échanges rapides. Toutefois, les rapports officiels devraient être centralisés dans un système sécurisé, structuré et traçable.
L’objectif n’est pas de créer une bureaucratie supplémentaire ni de multiplier les formulaires.
L’objectif est de mettre chaque responsable face à ses responsabilités et de permettre de savoir qui fait quoi, à quel moment, avec quels résultats et avec quelles difficultés.
Une telle méthode permettrait également d’identifier les agents surchargés de travail, ceux qui rencontrent des difficultés objectives, mais aussi les situations d’inactivité ou de sous-emploi qui doivent être corrigées.
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Mohame ould Md El Hacen
Président- fondateur de l’Institut 2IRES




